Je la voyais danser, danser / La gitane sur le paquet / Des cigarettes de papa / Elle avait une robe en papier / Les yeux bleus comme la fumée / Et la peau couleur de tabac

Eh, señorita SEITA / Ce soir je vais craquer pour toi / L´accordéon de mes poumons / Sur cette fine silhouette / Et ses castagnettes muettes / Dans la nuit noire du goudron

Viens me donner à la tétine / Ces paroles de nicotine / Qui mettent ma gorge au supplice / Quand cent mille bouches te baisent / Du bout filtre jusqu´à la braise / Dans un champ de papier maïs

Descend jusqu´au fond du mégot / Chanter du rocko-flamenco / En grattant mes cordes vocales / Danser les pieds nus dans la cendre / Allumer ma bouche et entendre / Battre mon coeur de caporal

O belle brune qui se fume / Dans ce siècle où tout se consume / Entre nos doigts jaunes et se jette / O toi qui portera mon deuil / Demain couché dans le cercueil / De mon étui de cigarettes

O toi qui portera mon deuil / Demain couché dans le cercueil / De mon étui de cigarettes.

Allain Leprest, Voce a mano (1992)